28/04/2021

Décarbonation des transports maritimes : la bataille du gaz ne fait que commencer !


Ce mardi 28 avril, les député(e)s européen(ne)s réuni(e)s en session plénière du Parlement européen ont voté le rapport d’initiative piloté par Karima Delli, la présidente de la commission ‘transports et tourisme’ du Parlement européen, concernant les mesures consacrant un transport maritime davantage efficace et propre. Alors que ce texte a été adopté, Mme Delli s’est, elle abstenue.

« Bien que ce texte soit une étape importante pour réduire les émissions du secteur, il fallait envoyer un signal fort pour pousser la Commission à aller plus loin dans la transition énergétique. Je me suis donc abstenue sur mon rapport d’initiative, non pas pour sanctionner une feuille de route que je juge pertinente, mais pour attirer l’attention sur une importante bataille qui s’ouvre à Bruxelles : la bataille du gaz » explique l’eurodéputée EELV.

« Pour autant, il ne faut pas oublier que ce rapport est une étape essentielle pour inscrire le secteur, grand oublié des Accords de Paris, dans le Green Deal. Chaque année, ce sont plus de 90% des marchandises qui transitent par les ports de l’UE. Le moins que l’on puisse dire et que le prix à payer dépasse largement les tarifs douaniers car les émissions provenant des flottes de bateaux représentent environ 13 % de la totalité des émissions de gaz à effet de serre produites par le secteur des transports dans l'UE. Le risque qui en découle est double, car il pèse non seulement sur les dérèglements climatiques, mais l’utilisation du fuel lourd dans les carburants a des conséquences délétères sur notre santé et notre environnement » rappelle Karima Delli.

« Ce rapport d’initiative a pour mission de proposer une feuille de route concrète. Nous pouvons particulièrement saluer la mise en place d'une stratégie sur les ports zéro émission à quai ainsi que la création d’une zone à émissions contrôlées (ECA) en Méditerranée en plus d’une sortie progressive du fuel lourd. Sans oublier des financements européens en faveur de solutions durables telles que l'hydrogène vert, l'ammoniac, l'électricité verte et les systèmes de propulsion notamment à voile. L'Europe a les moyens de mener une transition écologique et énergétique englobant tout le cycle de vie des navires : de leur conception au démantèlement. Qu’attendons-nous ? » interroge Karima Delli.

Pour autant, elle explique son abstention par l’affaiblissement de la position du Parlement européen sur un point majeur : « Je regrette la tiédeur de l’hémicycle concernant la transition énergétique. En créant les conditions d’un recours systématique aux carburants fossiles GNL on risque de possibles effets de verrouillage, car cette transformation est très coûteuse et repousse à terme la conversion vers des énergies plus durables. Face à l’urgence sanitaire et environnementale, l’Europe ne peut pas se permettre de perdre la bataille de l’énergie » conclut-elle.