23/11/2020

Fraudes des émissions sur les modèles d’hybrides rechargeables, Karima Delli dénonce le retour du Dieselgate


Cinq ans après le scandale du Dieselgate, l’ONG Transport&Environment a révélé ce 23 novembre que les voitures hybrides rechargeables pourraient rejeter jusqu’à douze fois plus de CO2 que ce qu’annoncent les constructeurs.

Karima Delli, vice-présidente de l’ex-commission d’enquête consacrée à la fraude aux émissions, réagit vivement : « Ces véhicules sont de véritables bombes climatiques et sanitaires. N’attendons pas de voir débuter la saison 2 du DieselGate pour agir ! ».

« Cinq ans après, nous voilà de nouveau face à la même trahison alors que nous n’avons même plus l’excuse de la surprise ! Les procédés des constructeurs sont les mêmes, l’objectif est inchangé : mentir sur le taux d’émission réel des véhicules en truquant les épreuves techniques. Une fois encore, cette martingale met en danger nos efforts contre le réchauffement climatique et la protection de la santé humaine » explique l’eurodéputée EELV.

« Alors que la tromperie se répète, nous sommes forcés de reposer la question de la complaisance des politiques vis-à-vis des constructeurs. Comment est-il possible que les trois modèles-phares de la gamme des SUV émettent au mieux plus de 28 % et jusqu’à 12 fois les niveaux d’émission officiellement déclarés par les marques ? N’avons-nous rien appris du Dieselgate ? Qu’en est-il des tests indépendants à effectuer en conditions réelles ? » interroge Karima Delli.

« Cet échec est d’autant plus cuisant qu’il est la conséquence d’un fourvoiement économique et stratégique. Le SUV propre est une imposture ! Au lieu de tenter sa réhabilitation à grands coups de lobbying et de communication, il est urgent de planifier les investissements pour réorienter la production automobile vers des modèles plus légers et moins polluants », ajoute-t-elle.

« Les constructeurs doivent rendre des comptes mais nous devons également faire la lumière sur les protocoles de contrôle et le rôle des autorités publiques européennes dans cette gabegie. C’est la raison pour laquelle j’ai demandé au Vice-Président de la Commission européenne, Monsieur Frans Timmermans ainsi qu’à Monsieur Thierry Breton, le commissaire responsable du marché intérieur, de s’attaquer à ce problème » conclut-elle.