19/10/2020

Karima Delli se dit atterrée par le manque de vision stratégique du gouvernement s’agissant du sauvetage de l’usine Bridgestone à Béthune.


À la suite de la réunion ministérielle à laquelle participaient aujourd’hui les syndicats et le président de Région, Xavier Bertrand pour étudier les scénarii alternatifs à la fermeture de l’usine de pneus Bridgestone à Béthune, Karima Delli, présidente de la commission des transports au Parlement européen reste sceptique :

« En dehors des incertitudes que comporte ce plan de secours, je suis atterrée par le manque de vision stratégique de notre gouvernement en terme de politique industrielle. Tout dans la proposition qui a été faite aujourd’hui est un non-sens : on parle d’investir 100 millions d’euros d’argent public pour conserver 400 emplois sur les 863 actuellement. En dehors de la question des critères qui présideront au choix des 400 familles qui bénéficieront d’un sursis et des 400 autres qui resteront sur le carreau, il est aberrant que la solution proposée soit d’accorder un chèque en blanc à un groupe qui fait de la menace à l’emploi. Cela reviendrait à dire que l’État français paierait l’entreprise japonaise 250 000 euros par emploi ! C’est délirant ! On marche sur la tête ! » ajoute la présidente de la commission transport.

« Sans oublier que ce scénario alternatif supposé sauver les emplois de nos salariés a été confié à un cabinet privé, Accenture. Quel est le message ? Bercy était trop occupé pour faire le travail ? Cette tragédie sociale révèle le manque cruel d’anticipation des acteurs économiques français. La saignée sur le compte du contribuable n’est pas une solution à long terme. Pour répondre à la crise du secteur automobile il est grand temps de miser sur la transition écologique et sur la transformation de l’outil industriel. Aujourd’hui, les salariés de Bridgestone et l’ensemble du bassin d’emploi sont au pied du mur. Faire des propositions aussi indigentes est irresponsable » conclut-elle.