25/02/2021

Le transport maritime met le cap sur la transition écologique !


Karima Delli, présidente de la commission des transports et du tourisme du Parlement européen a présenté, ce jeudi 25 février, son rapport d’initiative sur la décarbonisation des transports maritimes, adopté par les eurodéputé(e)s de cette même commission.

« Ce texte est une étape importante pour réduire les émissions du secteur, grand oublié des Accords de Paris. En effet, on a tendance à sous-estimer la portée du transport maritime. Pourtant, chaque année, ce sont plus de 90% des marchandises qui transitent par les ports de l’UE. Le moins que l’on puisse dire et que le prix à payer dépasse largement les tarifs douaniers, car les émissions provenant des flottes de bateaux représentent environ 13 % de la totalité des émissions de gaz à effet de serre produites par le secteur des transports dans l'UE. Le risque qui en découle est double, car il pèse non seulement sur les dérèglements climatiques, mais l’utilisation du fuel lourd dans les carburants a également des conséquences délétères sur notre santé et notre environnement », explique l’eurodéputée EELV.

« Ce rapport d’initiative a pour mission de proposer une feuille de route au niveau européen afin de limiter les émissions du secteur. Parmi les recommandations pour dépolluer les transports maritimes, nous pouvons particulièrement nous féliciter de la préconisation de mise en place d'une stratégie sur les ports zéro émission (dont l’objectif de zéro émission à quai) ainsi que la création d’une zone à émissions contrôlées (ECA) en Méditerranée. Ce, en plus des financements européens en faveur de solutions durables telles que l'hydrogène vert, l'ammoniac, l'électricité verte et les systèmes de propulsion, notamment à voile. L’Union européenne a les moyens de prendre le rôle de meneur en matière de transition écologique et énergétique, englobant tout le cycle de vie des navires : de leur conception au démantèlement. Qu’attendons-nous ? », interroge Karima Delli.

« Je regrette cependant profondément que la préconisation de mettre en place d'une liste noire interdisant l'accès aux ports européens pour les bateaux qui ne respectent pas les normes environnementales, sociales et de droits du travail n'ait pas aboutie. Ce texte devra être voté dans les prochaines semaines en session plénière et nous serons particulièrement attentifs au bannissement des énergies fossiles, plutôt qu’à un retrait progressif. C’est un premier pas et nous ne désespérons pas d’interdire l’usage du fuel lourd. L’urgence sanitaire et environnementale est là. L’Union européenne ne peut pas se contenter d’attendre que les organisations maritimes internationales se décident à agir. À nous de devenir les pionnières et pionniers d’un transport maritime plus juste et durable ! », conclut-elle.